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La Vie

Bois le sourire de ta bouche muette
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April 03

Søren Kierkegaard

      "Without risk there is no faith. Faith is precisely the contradiction between the infinite passion of the individual’s inwardness and the objective uncertainty. If I am capable of grasping God objectively, I do not believe, but precisely because I cannot do this I must believe. If I wish to preserve myself in faith I must constantly be intent upon holding fast the objective uncertainty, so as to remain out upon the deep, over seventy thousand fathoms of water, still preserving my faith."
April 02

Jacques Prevert

Le désespoir est assis sur un banc
 
Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costumes gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyais pas
Comme si on ne l'entendais pas
Il faut passer presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

(Jacques Prévert, Paroles, 1946)
January 01

Two of the poems for final exam

Reduced to Nothing
 
All walls, All windows, Toppling down to me
All lives, All histories, Condensing onto my head
 
All tables and chairs around
Converging, into the huge armchair I’m in
 
Submerged in the flood
Diminished to the Minimum
 
Reduced,
Reduced to
Nothing
 
 
 
Jackstraw
 
On the centre of the white
Glaring, spinning are
Drunken Choices
Without a solid floor
To stand
 
On the back of the white
Stagger, switching are
Stealthy controls
Frantic invisible threads
Of thousand
 
O, you hollow jackstraw

December 27

Confessions

    Ici commence le court bonheur de ma vie; ici viennent les paisibles mais rapides moments qui m'ont donné le droit de dire que j'ai vécu. Moments précieux et si regrettés! ah! recommencez pour moi votre aimable cours; coulez plus lentement dans mon souvenir, s'il est possible, que vous ne fîtes réellement dans votre fugitive succession. Comment ferai-je pour prolonger à mon gré ce récit si touchant et si simple, pour redire toujours les mêmes choses, et n'ennuyer pas plus mes lecteurs en les répétant, que je ne m'ennuyais moi-même en les recommençant sans cesse? Encore si tout cela consistait en faits, en actions, en paroles, je pourrais le décrire et le rendre en quelque façon; mais comment dire ce qui n'était ni dit ni fait, ni pensé même, mais goûté, mais senti, sans que je puisse énoncer d'autre objet de mon bonheur que ce sentiment même? Je me levais avec le soleil, et j'étais heureux; je me promenais, et j'étais heureux; je voyais maman, et j'étais heureux; je la quittais, et j'étais heureux; je parcourais les bois, les coteaux, j'errais dans les vallons, je lisais, j'étais oisif, je travaillais au jardin, je cueillais les fruits, j'aidais au ménage, et le bonheur me suivait partout: il n'était dans aucune chose assignable, il était tout en moi-même, il ne pouvait me quitter un seul instant.
 
    Rien de tout ce qui m'est arrivé durant cette époque chérie, rien de ce que j'ai fait, dit et pensé tout le temps qu'elle a duré n'est échappé de ma mémoire. Les temps qui précèdent et qui suivent me reviennent par intervalles; je me les rappelle inégalement et confusément; mais je me rappelle celui-là tout entier comme s'il durait encore. Mon imagination, qui dans ma jeunesse allait toujours en avant, et maintenant rétrograde, compense par ces doux souvenirs l'espoir que j'ai pour jamais perdu. Je ne vois plus rien dans l'avenir qui me tente; les seuls retours du passé peuvent me flatter, et ces retours si vifs et si vrais dans l'époque dont je parle me font souvent vivre heureux malgré mes malheurs.
 
Livre VI, 1766.
December 17

Poetry writing course: exercise thirteen

In-class exercise, based on the taste of a candy: (just for fun,haha)
An aerolite falls
Pouring
Down unto a river
Melting
A universe of
Benumbing
December 09

Poetry writing course: exercise twelve

 Soul
 
Bloody red upon the pond
Birdy ripple brushing the sand
 
Circular sun upon the cliff
White light on the glistening reef
 
Slant reflections engraving in time
Bright moist above the unfolding palm
 
Purple mist immersed in the air?
Or, Ghost in the machine?
 
Never, be.
 
December 05

Poetry writing course: exercise eleven

Soliloquy
Drink the sorrow in your eyes
Drink the mute by your lips
Drink the light in the night
Your ghost-like face
Illuminate upon the dark air
 
Drink your beating heart
Drink your lowered head
Drink your attentive look
Infiltrate the crowd before
To his eyes into your heart’s core
 
Drink, you silly creature
A Despair, a supreme ecstasy
A zest but west towards death
A happiness that devours time
An endless wait, along it
Stretching duration
 
Nothing needs to see
Nothing needs to say
Nothing needs to hear
When his voice sounds
You just be, in the audience.
Mute, unmoved, eyes closed
Yet your soul, melt with his
Shining and hugging
On the realm above